Compiègne (Oise), Musée national de la voiture et du tourisme

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Inauguré « provisoirement » dans le château de Compiègne en 1927, le Musée national de la voiture et du tourisme répondait aux vœux d’amateurs et surtout de professionnels de la carrosserie soucieux de sauver des exemplaires hippomobiles de toutes époques, de toutes origines, de tous styles, de tous les genres de voitures, ainsi que les rares rescapés des débuts de l’automobile, pour illustrer les métiers de la carrosserie et retracer l’histoire de la locomotion à travers les âges, depuis les origines de l’attelage jusqu’à l’apparition de l’automobile.

Le musée comprend trois grands ensembles de véhicules : les voitures à cheval, les premières automobiles, les cycles. Avec une centaine de véhicules hippomobiles dont une vingtaine de traîneaux, le Musée national de la voiture et du tourisme se place en tête des collections et des musées français, par le nombre des voitures, mais surtout par leur qualité.

La collection est principalement constituée de voitures de gala, de ville et de quelques voitures de voyage et de sport.

Les véhicules les plus anciens datent du XVIIIe siècle et forment un groupe d’une dizaine de pièces remarquables : une berline de voyage, massive, aux galbes très accentués, rare témoignage de la carrosserie espagnole du milieu du XVIIIe siècle, qui servit au roi Ferdinand VII en 1808, lors de son exil de Madrid à Bayonne, puis à Valençay ; une très belle berline française ornée de figures mythologiques peintes sur fond aventurine (vers 1760) ; deux magnifiques berlines de gala néo-classiques, construites à Bologne, ornées de peintures dues au maître Mauro Gandolfi ; fait exceptionnel, cet artiste a mis sa signature et la date 1789, sur la portière gauche de la berline du sénateur Caprara ; un grand coupé de gala, très élégant, aux panneaux ornés de peintures en camaïeu gris sur fond bleu de nuit, représentant les Muses drapées à l’antique.

Un second petit groupe illustre la carrosserie du Premier Empire dans son aspect le plus innovant, la recherche et la transcription de l’aérodynamisme dans des volumes aux courbes et aux profils parfaitement géométriques. Cette tendance moderniste se caractérise par des voitures aux caisses si arrondies qu’on leur a donné le nom de voitures boules. Trois coupés et une berline, typiques de l’esthétique boule, démontrent l’extraordinaire maîtrise technique des carrossiers, mise au service d’une créativité à la pointe de la modernité.

Le dernier groupe, le plus nombreux, constitué de berlines, coupés, landaus, calèches, de ville et de cérémonie, témoigne du luxe et du confort croissants des voitures sous la Restauration, le Second Empire et la Troisième République. Toutes sortent d’ateliers parisiens prestigieux : Mühlbacher, Binder, Ehrler, Kellner, Rothschild, Bail, Million-Guiet.

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