Des haras royaux
à l’Institut français du cheval
et de l’équitation

Sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert, intendant et contrôleur général des finances, l’arrêt du Conseil du Roi du 17 octobre 1665 crée le principe des étalons royaux et le statut de garde-étalon afin d’encourager les haras privés à produire des chevaux de meilleure qualité. L’institution des Haras se crée autour de la volonté de contrôler la production de chevaux afin d’en améliorer la qualité pour des usages essentiellement guerriers (cheval de selle, cheval de troupe). Le premier haras royal fut créé à Saint-Léger-en-Yvelines avant d’être transféré en Normandie, au haras du Pin édifié en 1715. Le haras de Pompadour est créé en 1764.

Le 29 janvier 1790, le régime des Haras est aboli par l’Assemblée constituante. Plusieurs décrets révolutionnaires tentent de réorganiser l’élevage. Une loi du 2 germinal an III prévoit même le « rétablissement provisoire de dépôts nationaux et d’étalons pour relever l’espèce des chevaux… ».

Napoléon, par le décret impérial de Saint-Cloud du 4 juillet 1806, crée six arrondissements dotés chacun d’un haras et de cinq dépôts d’étalons, couvrant ainsi la France entière. Les haras de Cluny, Rodez, Montier-en-Der sont installés dans des anciens bâtiments religieux.

Après la défaite de 1870, la loi Bocher du 30 mai 1874 réorganise l’administration des haras, donnant au ministère de l’Agriculture la responsabilité de la fiabilité des remontes. Le fonctionnement administratif des Haras nationaux est stabilisé pour plus d’un siècle, autour d’un chef de service, de six inspecteurs généraux dans chaque circonscription, de vingt-trois directeurs de haras et de dépôts d’étalons et d’agents pour soigner l’effectif d’étalons fixé à 2 500 par la loi de 1874.

Au cours du XXe siècle, les usages du cheval évoluent vers le cheval de sport et de loisirs. Les Haras nationaux adaptent leurs interventions, préservent les races de chevaux de trait et proposent aux éleveurs de nouvelles techniques d’élevage. Devenus établissement public en 1999, les Haras nationaux développent le Système d’informations relatif aux équidés (SIRE), une base zootechnique et sanitaire qui répertorie tous les équidés.

Avec le décret du 22 janvier 2010, les Haras nationaux et l’École nationale d’équitation-Cadre noir de Saumur sont fusionnés pour former l’Institut français du cheval et de l’équitation (Ifce). Les missions de reproduction sont transférées au secteur privé. L’Ifce a pour mission d’accompagner le sport de haut niveau, de développer le transfert de connaissances par la formation et la diffusion d’informations, de faire vivre son patrimoine par le tourisme, les spectacles, les événements sportifs et culturels. Le siège de l’Ifce est à Saumur.

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