La création de la cavalerie légère

Les guerres d’Italie menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier entraînent une transformation radicale de la cavalerie française. En effet, à côté de la cavalerie d’ordonnance qui conserve son lourd armement défensif et sa longue lance, apparaît une nouvelle cavalerie qui allège les chevaux de leurs pesantes carapaces et les cavaliers de leurs armures. Créée sous l’influence italienne, la cavalerie légère a pour rôle d'évoluer loin en avant et sur les flancs de l’armée en marche, préfigurant ainsi les missions de reconnaissance. Elle a aussi pour mission d'achever la déroute de la gendarmerie ennemie, une fois que celle-ci est rompue et de poursuivre l’infanterie ennemie après sa défaite.

Au XVIe siècle, naît une cavalerie plus mobile et plus réactive, avec des techniques nouvelles qui influencent l'équitation moderne.

Deux autres transformations importantes marquent le XVIe siècle : l'utilisation d'armes à feu portatives qui deviennent l'arme principale de la cavalerie légère ainsi que la réapparition de l’infanterie sur les champs de bataille comme une force organisée et efficace. Avec la montée en puissance de la cavalerie légère, et son équipement en armes à feu, apparaît une nouvelle tactique, le « caracol », où les cavaliers, rapides et organisés en plusieurs rangs, harcèlent les fantassins en déchargeant sur eux leurs pistolets rang après rang. Cette tactique a eu une influence sur l’équitation et sur l’élevage des chevaux. C’est ainsi que des écoles d’équitation se sont ouvertes dans plusieurs pays d'Europe. Pendant les guerres de Religion (1562-1598), la cavalerie légère ne cesse de se développer aux dépens de la gendarmerie. Pour bien montrer la préférence qu’il accordait à la cavalerie légère, Henri IV, devenu roi de France, remplaça la compagnie de gens d’armes qui avait assuré sa garde lorsqu’il était roi de Navarre par une compagnie de chevau-légers.

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Jean-Pierre Béneytou, Histoire de la cavalerie française des origines à nos jours, Lavauzelle, 2010, 248p.