La Renaissance

Alors qu’à la Renaissance les sociétés de cour imposent leur faste et leur puissance, les souverains et hommes de pouvoir se voient honorés par des statues équestres grandeur nature. Cette pratique, déjà présente pendant l’Antiquité (la statue équestre de Marc Aurèle, place du Capitole à Rome, en est l’un des vestiges) est à nouveau largement diffusée. Parmi les puissants personnages de bronze et de pierre paraît alors la figure de cavaliers bien singuliers. Ainsi, la figure du mercenaire, ce soldat indépendant travaillant à protéger villes et États contre l’envahisseur pour le compte de seigneurs, va traverser les siècles et connaître la gloire grâce au cheval. Car c’est en selle qu’ils bataillent, pour la victoire et l’honneur des souverains rémunérant leurs services. C’est donc naturellement en selle que les artistes les célèbrent, figeant dans la pierre la grandeur de leur renommée. L’Italie a largement rendu hommage à ces guerriers indépendants, comme l’illustrent la statue du Colleone, qui trône à Venise, et celle du Gattamelata de Donatello à Padoue.

La principale curiosité que doit avoir le cavalerice désireux de réduire par son art et sa diligence, le cheval en la perfection de ses plus beaux exercices, est de le rendre premièrement paisible et bon à la main.

Salomon de La Broue, Préceptes du Cavalerice françois, 1593

Cette statuaire permettant de suggérer la puissance des hommes a également glorifié les souverains. Ainsi, Marie de Médicis commande une statue équestre d’Henri IV, qu’elle fait placer sur le Pont-Neuf, en l’honneur du roi défunt. Les représentations des rois se déclinent également en portraits équestres, œuvres picturales mettant en scène le souverain sur un cheval.

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