Les principes de l'attelage de tradition

Durant les trente dernières années du XIXe siècle, l’attelage est à son apogée. Tout concourt à son excellence : la qualité incomparable des voitures, le luxe des harnais, la création d’un modèle particulier de cheval carrossier propre à chaque type de véhicule, la mise au point des meilleures méthodes de conduite par des maîtres tels Edwin Howlett ou Benno von Achenbach.

Admirée à juste titre comme « un moment de perfection », cette brillante période sert de référence à une discipline équestre contemporaine : l’attelage de tradition.

Plus que l’observance stricte de pratiques, d’usages, de codes, de modes vestimentaires propres à cette époque ou à une catégorie sociale, érigés en règles intangibles, ce qui doit distinguer l’attelage de tradition c’est l’harmonie formelle de l’équipage et la finesse de la conduite.

Donner à son attelage une apparence brillante, un train ou un genre dont on ne l’aurait pas cru susceptible ; imprimer à un équipage une marche si mesurée, si savante, si sûre, si égale en apparence, que les personnes enfermées dans la voiture ne se doutent ni du train qu’elles vont, ni des obstacles qui encombrent la route.

Baron de Curnieu (1857)

Un équipage est un ensemble composite formé d’êtres vivants, hommes et chevaux, et d’objets inanimés, voiture et harnais. Créer un bel équipage consiste à mettre en harmonie ces divers éléments pour produire la meilleure impression possible. Cette harmonie résulte du bon appareillage des chevaux (modèles, robes, allures), du rapport entre leur taille et celle de la voiture, de la qualité de cette dernière (justesse des proportions, excellence de l’exécution), de son état (solidité, propreté, restaurations respectueuses), du choix des harnais (selon l’usage et le style de la voiture) et de la correction des tenues vestimentaire des passagers.

Ce n’est pas l’élégance ou la richesse de tel ou tel élément qui font la beauté d’un attelage, mais le fait que tous forment un ensemble sans défaut. Plus qu’aux détails, qui doivent se fondre dans une vision générale, un bel équipage se jauge et s’apprécie à la cohérence qu’il offre aux regards lorsque se conjuguent, dans une même action et un même mouvement, équilibre, cadence, régularité, légèreté des chevaux, et finesse, précision, aisance, sûreté du meneur.

< >