Un trône vivant

Sous l’Ancien Régime, le cheval est devenu objet de parade et de cour, en plus de ses utilisations premières (guerre, transport, chasse, etc.). L’équitation est un privilège de noblesse. Aussi, tous les jeunes gens de bonne famille apprennent à faire leurs armes à cheval. En 1594, Antoine de Pluvinel, Grand Écuyer à la cour du roi Henri IV et professeur d’équitation du jeune dauphin Louis XIII, ouvre à Paris une première Académie équestre. Pour y suivre ses cours, les élèves doivent prouver qu’un sang noble coule dans leurs veines depuis au moins quatre générations. Ils y apprennent alors les rudiments de l’art de la guerre et les figures de haute école, maintenant de fait une distance avec les autres strates sociales.

Un roy, étant bon cavalier, saura mieux gouverner ses peuples.

Duc de Newcastle, 1657

Réservé à l’élite, l’animal est un tel faire valoir de puissance et de grandeur que les rois se font portraiturer à cheval. Les chevaux offrent ainsi un piédestal à la mesure des souverains. Les portraits équestres sont également le moyen de montrer au monde que le roi maîtrise son cheval, le contrôle, triomphe en selle comme il s’impose à ses sujets. En 1657, le duc de Newcastle illustre ainsi parfaitement cette métaphore : « Un roy, étant bon cavalier, saura mieux gouverner ses peuples, quand il faudra les récompenser ou les châtier, quand il faudra leur tenir la main serrée ou quand il faudra la relâcher, quand il faudra les aider doucement, ou en quel temps il sera convenable de les éperonner. »

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